Un espace d'échanges sans prétentions mais avec l'ambition de faire découvrir la pratique du paramoteur. Et le bonheur éprouvé dans la troisième dimension. Les pilotes, eux, savent ce que voler peut signifier. Tentatives de dire l'indicible.
dimanche 22 novembre 2009
Monument Valley; mon rêve en 3D.
C'est un film. Mon film. Je suis dans l'écran. Dans un décor que je crois connaître par cœur. "Monument Valley" est à mes pieds. Dans le dos, mon "A3 + " ronronne un peu vite (6200 tours/minutes en pallier). Je vole à plus de 2000 mètres. De là-haut, les deux John (Ford et Wayne) doivent m'observer un rien amusés. Le scénario est inédit. Avec bonheur et une vraie fierté, je survole en paramoteur le territoire Navajo.
Et pourtant, la mise en l'air a été difficile. Très. Ce n'est qu'à la troisième tentative que je parviendrai à m'arracher du petit aérodrome privé de Goulding Trading Post. A une altitude de 1524 mètres, la plateforme est dominée par une "mesa" de plus de 200 mètres. Je suis le dernier à décoller. Malgré tout.
L'air est vif. Pour pouvoir manipuler mon appareil photo, j'ai renoncé à enfiler mes gants. J'ai très vite l'onglée. A cette altitude, la transparence de la lumière autorise quelques beaux panoramas. J'ai envie d'écrire "quelques parfaits panoramiques". En Cinémascope. Le "Rex" grandeur nature. Mon aile (Premium 30) ne frissonne pas. Même à l'approche de Mitten Butte, le cliché des clichés. Je vole au-dessus du relief pour éviter toutes difficultés. Plus tard, le froid va me contraindre à réduire les gaz pour me rapprocher du plancher des indiens.
Aujourd'hui, c'est "Columbus Day" aux Etats-Unis et c'est mon 203ème vol.
Je crois bien que je ne l'oublierai pas.
Bernard Bonnin
21/10/2007 12:19
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Les ciels de Mauriac.
La Garonne sera mon fil d’Ariane; impossible de s’égarer. Pour parler de ses eaux chargées de limon, François Mauriac évoquait le fleuve jaune que je franchis, verticale 150 mètres, peu avant Ste Croix-du-Mont. Impossible d’avancer, je plonge vers les prairies et les peupleraies du bord de rivière. Mauvais choix ; la diversité du relief produit une aérologie très désagréable. De fortes turbulences me bousculent suffisamment pour que je décide de reprendre un peu de hauteur.
Entre Saint-Maixant et Gabarnac, on s’active autour d’une palombière ; il faut être prêt pour le premier passage de l’oiseau bleu. Je poursuis ma route, toujours vent de face, pour rejoindre ce que je crois être la commune de Verdelais, son église et son calvaire. Las, à la verticale du village, il faut bien se rendre à l’évidence, il ne s’agit pas de Verdelais (la carte m’aurait permis d’éviter cette grossière erreur de cap).
L’heure atteinte, j’envisage un retour vers la base. Ma vitesse qui oscillait, à l’aller, entre 7 et 15 km/heure, dépasse à présent les 55 km/heure. Le soleil manque de franchise mais apparaît timidement entre les nuages.
A la hauteur de Malagar, je ne résiste pas au plaisir de refaire une série de photographies. De même devant la falaise de Ste Croix-du Mont.
En moins d’une demi-heure, le terrain est en vue. Une nouvelle fois, je suis le dernier à atterrir. Je demeure un fervent adepte du paramotourisme.
Raphaël n’a pas fait les choses à moitié ; il a placé, en bordure de terrain, un camion-benne dont le plateau sera transformé en table à cocktail. A l’heure de l’apéritif, le soleil est bien présent. Un dernier pilote vient de décoller, il sera parmi nous à l’heure où les cacahouètes se font rare dans les ramequins.
Les « Ciels de Mauriac » étaient une première ; une deuxième édition s’impose, ne serait ce que pour découvrir la bastide de St Macaire ou le Château de Malromé. L’ombre de Toulouse-Lautrec nous y attend.
Bernard Bonnin
05 octobre 2004
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Les voiles du vignoble…
L’été s’achève et la météo qui a précédé ce week-end nous aura inquiétés jusqu’au vendredi. Et pourtant, en ce samedi matin un ciel de rêve est au rendez-vous à Labarde. Une brise légère fait frémir nos manches à air. Les brumes éparses disparaissent avec le soleil qui s’élève au-dessus de la Gironde.
Jean-Pierre Seynat, le propriétaire du Château Martinens a parfaitement préparé les prairies qui nous accueillent. Les grappes de cabernet sauvignon et de merlot promettent des vendanges généreuses. Le décor est planté.
Après le briefing de Ghislain Bentayou, les premiers pilotes décollent dans la fraîcheur du matin; il est un peu plus de 8 heures 30. Au total ce sont 14 paramotoristes qui vont s’offrir le privilège de survoler le plus grand vignoble de vins fins du monde.Ici, les appellations ont pour nom; Margaux, Haut-Médoc, Moulis, Listrac, St Estèphe, Pauillac, St Julien.
A peine décollé, on peut apercevoir le Château Branaire-Ducru, un peu plus loin une allée de platanes signale l’architecture palladienne du Château Margaux. A l’approche de l’estuaire, un vent froid et humide nous surprend au-dessus des prairies verdoyantes; à
l’ altitude de 150 mètres, le vent de sud nous enveloppe dans une douce chaleur. Aucune turbulence, le courant laminaire nous emporte à plus de 50 km/heure vers Pauillac. Les freins lâchés, trimés à fond, nous avons l’entière liberté de photographier paysages et châteaux du Médoc.
Pas un nuage à l’horizon. Un coup d’œil sur l’alti, le GPS, la montre, le carburant; tout va bien. Le moteur ronronne gentiment en affichant ses 5200 tours/minute. Ce vent qui nous propulse vers St Julien sera tout à l’heure un obstacle pour rejoindre notre base de départ. Alors prudence, il va falloir faire demi-tour. A regret.
Les villages défilent (certes moins vite) dans un ordre inverse; Pauillac, St Julien, Cussac, Lamarque, Soussans, Margaux et Cantenac.
Le temps de replier les voiles et le maître de chai nous invite à visiter les installations du Château Martinens. Le cuvier tout d’abord avec ses cuves inox thermo-régulées, le chai à barriques et ses « bordelaises ». Le bonus, c’était la dégustation du millésime 2003 tiré de la barrique. Le paramoteur, c’est également du tourisme viti-vinicole …
A l’abri d’un grand chêne, un pique-nique va parfaire ce deuxième Rallye Paramoteur du Médoc. Rien à ajouter, le Paramoteur Club Aquitain avait bien fait les choses. Dans la simplicité et la convivialité.
Rendez-vous est déjà pris pour l’an prochain.
Bernard Bonnin
Septembre 2004
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Histoire d'une "vache"...
Il était une fois un samedi humide, à St Pierre d'Oléron, aérodrome
de Bois Fleury. Je décolle parmi les derniers; le vent a légèrement forci. Pour rejoindre l'extrémité sud de l'île, je vais tirer des bords en survolant les marais salants. Je progresse mais très lentement. Après une heure de vol environ, j'ai atteint la Grande Plage qui borde la forêt domaniale de St Trojan.
Il est temps, pour moi, de rallier St Pierre.
Ca ne devrait pas poser de problème; je vais suivre la plage jusqu'à la Cotinière puis je traverserai pour rejoindre l'aérodrome.
Difficulté: je ne retrouve pas le terrain.
Je survole des villages qui se ressemblent; je pense avoir laissé derrière moi St Pierre. Vols et survols; le temps passe.
Pour vérifier que la topographie aérienne est cohérente avec ma carte embarquée, j'entreprends de la déplier pour visualiser la partie nord de l'île. Las, le vent arrache le document.
Reste l'estime et les survols circulaires répétés. En vain.
Cela fait maintenant plus de deux heures que je suis en l'air; il faut prendre une décision avant la panne sèche. Je choisis une prairie bien grasse à proximité de la D 734. Atterro., pliage de la voile et installation au bord de la route. Impossible de joindre les équipes de récup; les coordonnées GSM se trouvaient sur la carte fournie par l'organisation.
L'attente peut commencer...
Conclusions, enseignements:
• ton GPS tu prendras et la fonction GOTO tu actionneras pour rentrer
• la zone de déco-atterro tu repéreras en vol
• les coordonnées de la récup tu conserveras sur toi
Bernard Bonnin
29 mai 2005
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Lacommande: version béta.
Après un accueil discourtois voire franchement agressif d'un riverain -Bernard Puyjalon a été, en vol, la cible d'un "allumé" local-, l'avant-garde du club a pu parvenir à faire basculer l'opinion du village en notre faveur. Annulation dans la soirée, annulation de l'annulation dans la nuit, tout allait rentrer dans l'ordre très vite. Le Paramoteur Club Aquitain pouvait tester, en grandeur réelle, les potentialités du site.
Huit pilotes étaient au rendez-vous, à Lacommande, pour valider cette première ébauche d'un nouveau rassemblement.
Samedi, en fin d'après-midi, dans la moiteur de ce début de soirée, des jeux aériens allaient ravir les quelques curieux qui s'étaient arrachés de la fête du village. Très grosse impression laissée par Jean-Michel Bellehigue, venu en voisin.
Plus tard, Ghislain et Bernard, dans un grand élan de générosité, vont enchaîner les baptêmes en paramoteur. Jusqu'à plus de portance...Ghislain est très sollicité; c'est normal, il joue à domicile, dans le village natal de Claudine, son épouse. L'apéritif sera servi, sur le terrain, offert par le village.
Le dîner, sur la place du village, sera très léger dans une folie de décibels nécessitant, pour les plus prudents d'entre nous, des bouchons d'oreilles. Bernard P. sera le premier à s'élancer sur
le "dance-floor". Plus tard, au diapason de la fête, il n'hésitera pas à être un des principaux animateurs de la "chenille" qui précèdera le traditionnel toro de fuego.
Petit matin brumeux (au sens propre et au sens figuré) pour certains. Ce sont les coqs qui indiquent, ici, l'heure du réveil.
L'horizon apparaît bouché, le couvercle nuageux bien bas. Mais il en faut davantage à nos valeureux paramotoristes pour qu'ils demeurent cloués au sol.
Décollage sur une butte d'Arbus, commune voisine. C'est un des terrains de jeu des Paramotoristes Pyrénéens dont Jean-Michel B.
Rapidement, tout le monde est en l'air. Direction Monein, changement de vallon, nouveau survol de Lacommande et environs. Une nouvelle occasion de découvrir les coteaux du Jurançon et le travail des viticulteurs; certaines parcelles épousent avec précision le relief de ces vallons béarnais.
Vol groupé durant la première demi-heure puis avant que l'individualisme de chacun s'exprime par une relative dispersion des troupes.
Certains vont atterrir à Lacommande (c'était l'option formulée lors du briefing), d'autres retourneront à Arbus.
Onze heures trente, sortie de la messe, la Marseillaise au monument aux morts, apéritif derrière l'ancienne commanderie du XII ème siècle. Gros manseng ou petit manseng, cuvée spéciale, sec ou doux, la dégustation va bon train à un jet de bouchons des tombes des templiers.
Pique-nique sur le terrain, à l'ombre de chênes sans âge et sous le regard curieux de quelques chevaux au pré.
L'heure est à la sieste avant de reprendre la route.
C'est sûr, nous reviendrons à Lacommande.
Bernard Bonnin
9 août 2005.
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Yquem première !
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Des paramotoristes dans les arbres…
Le brouillard recouvrait Bordeaux et sa banlieue. C'était décidemment mal parti. Plus loin sur l'autoroute, ça se dégage. Grand beau, grand bleu. Le moral remonte.
Pas pour longtemps, peu après Noaillan, retour dans la purée de poix. Il faudra attendre.
Il y a treize pilotes au rendez-vous du Paramoteur Club Aquitain ; parmi eux, deux réolais venus en voisin. Pour le moment, c’est l’heure du café et des propos matutinaux qui l’accompagnent.
Jean-Pierre Bédouret et Raphaël Magro vont tester, pour nous, l'aérologie locale. Encore un peu de patience et les chariots seront les premiers à se mettre en l'air. La puissance de leur machine les autorise à se jouer des éléments.
C'est plus compliqué pour les "décollages à pied". Les plus vaillants s'élancent et décollent parfois au prix d'acrobatiques contorsions. C'est à la fois physique, technique, engagé et même parfois très "limite". Pour les plus téméraires (ils sont six, j’ai les noms), les châteaux du sauternais sont à portée de nos groupes motopropulseurs. La virée est agitée; c'est le prix à payer.
A midi, à l'heure du Sauternes sous la véranda - merci Jean-Pierre -, un bilan définitif fait état d'un zéro bobo, zéro casse. L'archange des paramotoristes ne devaient pas être très loin.
Les bords du Ciron, à Sauternes, seront le décor de notre déjeuner sur l'herbe.
A l'heure du goûter, quelques courageux pilotes vont s'envoyer en l'air…dans les arbres d'un parcours en hauteur.
On ne le savait pas mais il y a du muscle chez nos pilotes…
Bernard Bonnin
29 mai 2006.
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